Avec ou sans silicone ? Telle est l'importante question à laquelle
se verra forcément confrontée la hardeuse envisageant de faire carrière.
Les
prothèses en silicone existent depuis les années 50, mais elles ne se
sont répandues dans le X qu'à la fin des années 80. Avant 1988, rares
en effet sont les actrices de X siliconées, même aux États-Unis. Parmi
celles-ci, on peut tout de même citer quelques pointures comme la
superbe Candi Evans, Janey Robbins, la sculpturale Raven ou encore Nina
Hartley, Jeannette Littledove ou l'Eurasienne Kascha sur le tard
(notons au passage, que beaucoup de ces pornostars bénéficièrent
d'implants particulièrement réussis...).
Mais pour assister à
l'explosion du silicone (et non de la silicone, comme je le vois souvent, le féminin désignant le composé du silicium), il faut attendre 1989 et l'arrivée d'une
nouvelle génération de hardeuses comme Racquel Darrian qui, servie par
une plastique irréprochable, connaît un succès presque immédiat.
D'autres actrices suivent et le silicone devient bientôt un véritable
atout pour les actrices de X, qui se voient offrir davantage de rôles.
À partir des années 90, le silicone va donc devenir une norme et de
nombreuses filles déjà dans le circuit depuis quelques années vont
passer entre les mains (pas toujours) expertes des chirurgiens
esthétiques (?).
Victoria Paris, Ashlyn Gere, Tori Welles,
Taylor Wayne, Savannah, P.J. Sparxx, Sandra Scream, Carolyn Monroe,
Jeanna Fine et même certaines gloires encore plus anciennes comme Amber
Lynn ou Sharon Kane, autant d'actrices venues au hard déjà nanties de
poitrines toutes neuves ou répondant sur le tard aux impératifs
commerciaux du X-business yankee, parfois sans aucune justification et
au détriment de délicieuses poitrines naturelles.
En Europe, les
actrices ne vont jamais vraiment se mettre au diapason de l'Amérique.
Certes, certaines gloires françaises comme Tabatha Cash ou Béatrice
Valle, puis plus tard, Dolly Golden, vont jouer la carte des implants,
ce qui contribuera d'ailleurs à asseoir leur notoriété. En Allemagne
également, des actrices comme Jay ou Dolly Buster vont sacrifier à la
mode du silicone, comme Helen Duval aux Pays-Bas ou en Italie, La
Venere Bianca et en Grande-Bretagne, la merveilleuse Gyn Seng (quel
gâchis...).
Néanmoins, le silicone va demeurer une spécialité
américaine, répondant à une forte demande du spectateur lambda
outre-Atlantique. Et on le constate aujourd'hui encore, en voyant des
actrices françaises, mais travaillant essentiellement aux États-Unis,
comme Katsuni ou Melissa Lauren, se doter à leur tour d'implants en
silicone (là encore, à mon humble avis, à leur total désavantage...).
Doit-on
en conclure que le silicone constitue un passage obligé pour accéder au
statut de pornostar ? Il semble que ce soit bien le cas, si l'on
en juge par la réussite d'actrices comme Jenna Jameson (probablement
l'actrice de X la plus célèbre de tous les temps), Tera Patrick ou
Jesse Jane.
Certes, il en est certaines qui ont laissé une
trace dans l'histoire de la pornographie sans avoir recours au
bistouri, comme Traci Lords, Ginger Lynn, Serena, Marilyn Chambers ou
Annette Haven, mais elles sont d'une autre génération et toutes ont mis
fin à leur carrière avant que le silicone ne devienne une norme (à
l'exception des retours anecdotiques de Ginger et Marilyn).
Il
reste aux amateurs de poitrine naturelle, nombreux, la plupart des
actrices de l'Est qui elles, ne cèdent que rarement à la tentation des
implants mammaires. Faute de moyens et d'une logistique suffisante dans
un certain nombre de cas, mais surtout parce que cela n'est pas (encore
?) inscrit dans la culture pornographique européenne. On compte bien
quelques Tchèques ou Hongroise siliconées comme Monica Covet, Dina
Pearl, Stacy Silver, Sophie Evans, Laura Angel, Zafira, Cailyan Curtis,
etc., mais elles demeurent minoritaires dans un marché où la demande
est loin d'être aussi forte qu'aux USA.
Et heureusement pour
les détracteurs du silicone, car il n'est rien de plus décevant lorsque
l'on est adepte des poitrines naturelles, que de voir son actrice
préférée modifier le volume d'une poitrine que l'on connaît par cœur et
qui a alimenté tant de fantasmes. Une modification perçue par une
partie des fans comme un véritable outrage fait au corps et qui
apparaît à leurs yeux, totalement incompréhensible.
Et pourtant...
Nombre
d'actrices ne font pas uniquement un choix économique en décidant la
pose d'implants en silicone, mais répondent souvent à un désir profond,
parfois aussi lointain que l'enfance, de posséder une grosse poitrine,
symbole absolu de la féminité. Combien d'entre elles, et plus
généralement de femmes, ont ainsi fantasmé sur la possibilité de
posséder un jour, si beaux appas, auxquels nul homme ne saurait
résister ? Et le porno n'offre-t-il pas aux premières, la meilleure des
occasions pour passer enfin à l'acte ?
Difficile, donc, de faire
quelque reproche que ce soit aux actrices qui font un tel choix, même
si l'on peut rendre grâce à celles que l'on aime et qui ne l'ont pas
fait au cours de leur carrière (Tiffany Hopkins, exemple au hasard...).
Quant à moi, ma préférence ira toujours aux poitrines naturelles, que
je juge bien plus sensuelles. La forme, l'élasticité, la souplesse, la
taille, jusqu'au balancement propres à chacune d'entre elles, tout cela
contribue à l'érotisme du corps. Cette spécificité amplifie à mon sens,
la puissance charnelle des femmes et s'oppose à la froideur normative
du remplissage mammaire artificiel dont le calibrage confère à chaque
sein une préhension quasi identique, bien peu propice au fantasme.
Il ne s'agit-là, bien entendu, que de mon opinion, et je la partage, comme le disait si joliment Henri Monnier...